Les plus belles îles de Croatie à visiter : le guide

La Croatie compte 1 244 îles, îlots et rochers, dont 47 sont habitées en permanence. Pour un voyageur, une dizaine concentrent l’essentiel : plages de galets, villages vénitiens, vignobles et parcs nationaux. Le choix se fait moins par classement que par envie, plage animée, retraite sauvage ou patrimoine.
Combien d’îles compte la Croatie et comment choisir
L’archipel croate s’étire sur 1 778 km de côte adriatique. Les chiffres varient selon les sources, mais l’inventaire géographique national recense 1 244 îles et formations rocheuses, dont 47 portent une population stable (données de la liste officielle des îles de Croatie, Wikipédia).
Choisir son île revient à arbitrer entre plusieurs profils. Une île animée comme Hvar n’offre pas le même séjour qu’une retraite forestière comme Mljet. Quatre critères tranchent vite :
- L’ambiance : festive et mondaine, familiale, ou sauvage et calme.
- L’accès : durée de traversée depuis le continent, fréquence des catamarans.
- Le décor : plages de galets, criques cachées, villes fortifiées, forêts.
- Le budget : Hvar affiche les tarifs les plus hauts, Vis ou Mljet restent plus abordables.
Les îles se regroupent naturellement par région maritime : le golfe du Kvarner au nord, la Dalmatie du nord autour de Zadar, la Dalmatie centrale face à Split, et le sud près de Dubrovnik. Cette logique géographique guide aussi les itinéraires d’island hopping, qui enchaînent deux ou trois îles d’une même zone.
Hvar, l’île du soleil et des nuits animées
Hvar détient un record en Adriatique : 2 724 heures d’ensoleillement par an, soit davantage que la plupart des côtes méditerranéennes. Cette donnée, mise en avant par l’office du tourisme local, explique en partie la culture de la lavande qui teinte l’intérieur de l’île en juin.
Hvar town concentre l’animation. La place Saint-Étienne, l’une des plus vastes de Dalmatie, ouvre sur le port où mouillent les yachts. Au-dessus, la forteresse vénitienne Fortica domine la baie et les îles Pakleni, un chapelet d’îlots boisés accessibles en taxi-boat pour la baignade.
L’île ne se résume pas à sa capitale. Trois autres bases méritent le détour :
- Stari Grad, dont la plaine agricole est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
- Jelsa, port tranquille entouré de pinèdes, plus familial.
- Vrboska, surnommée la « petite Venise » pour ses canaux.
Hvar est l’île de la fête en Croatie, ses clubs et plages-bars attirent une clientèle internationale en juillet-août. Qui cherche le calme privilégiera Jelsa ou Stari Grad, où la location saisonnière reste 30 à 40 % moins chère qu’à Hvar town. La traversée depuis Split prend environ une heure en catamaran.
Brač, la pierre blanche et Zlatni Rat
Brač est la plus haute île de l’Adriatique, avec le mont Vidova Gora culminant à 780 mètres. Son autre signature est sa pierre calcaire d’un blanc éclatant, exploitée depuis l’Antiquité. Cette pierre a servi à bâtir le palais de Dioclétien à Split, fondateur du noyau historique de la ville (un fait documenté par les sources patrimoniales croates).
Le site le plus photographié de Brač reste Zlatni Rat, la « corne d’or ». Cette langue de galets s’avance sur plusieurs centaines de mètres dans la mer, près du village de Bol, et change de forme au gré des courants et des vents. Elle figure régulièrement parmi les plus belles plages d’Europe dans les classements de presse spécialisée.
Brač offre l’accès le plus rapide depuis Split : le catamaran rejoint Bol en 50 minutes environ. Cette proximité en fait une excellente option pour un premier contact avec les îles dalmates, ou pour une excursion à la journée. Les amateurs de sports nautiques y trouvent des conditions idéales pour la planche à voile, le vent thermique de l’après-midi balayant la pointe de Zlatni Rat.
L’intérieur de l’île, plus rural, abrite des villages de pierre comme Škrip, le plus ancien peuplement de Brač, et des oliveraies centenaires.
Korčula, vignobles et héritage médiéval
Située entre Split et Dubrovnik, Korčula est l’une des îles les plus boisées de l’Adriatique, ce qui lui valut chez les Grecs anciens le nom de Korkyra Melaina, la « Corfou noire ». Sa vieille ville fortifiée, posée sur une presqu’île, dessine un plan en arête de poisson conçu pour couper les vents tout en laissant circuler la brise estivale.
La légende locale fait de Korčula le lieu de naissance de Marco Polo, l’explorateur vénitien du XIIIe siècle. Aucune preuve historique ne confirme cette filiation, mais une maison-tour de la vieille ville entretient le récit auprès des visiteurs.
L’île se distingue surtout par sa viticulture. Deux cépages blancs autochtones y prospèrent :
- Le Pošip, vin rond et aromatique, cultivé autour des villages de Čara et Smokvica.
- Le Grk, rare et confidentiel, produit sur les sables de Lumbarda.
Korčula conjugue donc patrimoine, plages discrètes et œnotourisme. C’est une étape naturelle pour qui descend vers Dubrovnik, à laquelle elle se relie par catamaran en une heure environ. Les danses de l’épée moreška, jouées l’été dans la vieille ville, perpétuent une tradition vieille de plusieurs siècles.
Vis, l’île préservée et la grotte bleue
Vis est restée à l’écart du tourisme de masse pour une raison singulière : l’île servit de base militaire à la marine yougoslave et resta fermée aux étrangers jusqu’en 1989. Ce long isolement a figé son authenticité, ses tunnels désaffectés et son absence de grands complexes hôteliers.
Deux ports rythment la vie de l’île. Vis town, ancienne colonie grecque, et Komiža, village de pêcheurs blotti au pied du mont Hum. Entre les deux, des vignobles produisent le Vugava, vin blanc local, et la Plavac, rouge dalmate.
Le joyau de Vis se trouve sur l’îlot voisin de Biševo : la grotte bleue. À la mi-journée, la lumière du soleil pénètre par une ouverture sous-marine et se réfracte dans l’eau, baignant la caverne d’un bleu électrique irréel. Les excursions partent de Komiža le matin, créneau où le phénomène est le plus net.
Vis demande un peu plus d’effort : la traversée depuis Split dure 2 h 20 environ, et les liaisons sont moins fréquentes. C’est le prix de la tranquillité. L’île séduit ceux qui fuient les foules et recherchent une Croatie de criques et de tavernes familiales.
Mljet, le parc national et ses lacs salés
Mljet est la plus verte des grandes îles dalmates. Son tiers ouest forme un parc national depuis le 11 novembre 1960, le quatrième créé en Croatie selon l’institution gestionnaire du parc. Forêts de pins d’Alep, sentiers et pistes cyclables couvrent ce territoire protégé.
Le cœur du parc est constitué de deux lacs d’eau salée reliés à la mer, Veliko et Malo Jezero. Au centre du grand lac, un îlot porte un monastère bénédictin du XIIe siècle, accessible en navette. Le tour des lacs se fait à pied, à vélo ou en kayak, dans un calme presque total.
Mljet répond directement à une question fréquente des voyageurs : comment visiter une île sans la foule ? Sa réponse tient en trois activités :
- La randonnée autour des lacs et jusqu’au point de vue de Montokuc.
- Le kayak sur les eaux abritées du parc.
- La baignade dans des criques désertes comme la plage de Saplunara, l’une des rares étendues de sable de Dalmatie.
L’accès se fait par catamaran depuis Dubrovnik (1 h 30 environ) ou via les lignes saisonnières reliant Split, Hvar, Brač et Korčula. Mljet se prête à un séjour lent, loin des stations balnéaires.
Krk, Rab et les îles du Kvarner
Au nord, le golfe du Kvarner abrite des îles plus accessibles, prisées des voyageurs venus par la route depuis l’Europe centrale. Krk est la plus vaste de Croatie, avec 405,78 km², à égalité quasi parfaite avec sa voisine Cres. Particularité rare, Krk se rejoint par un pont routier, sans ferry, ce qui simplifie l’arrivée en voiture.
Krk mêle stations balnéaires animées, comme Baška et sa longue plage de galets, et villages médiévaux tels que Vrbnik, perché sur une falaise, patrie du vin blanc Žlahtina.
Rab complète le tableau du Kvarner. Sa vieille ville hérissée de quatre clochers romans se dresse sur une presqu’île, et ses plages de sable, rares en Croatie, attirent les familles. L’île fut aussi pionnière du naturisme dès les années 1930.
Ces îles du nord conviennent à un séjour combinant baignade, patrimoine et accès facile, surtout pour qui voyage en voiture depuis la France ou l’Italie. Pour caler vos dates selon le climat et l’affluence, consultez notre guide sur la meilleure période pour partir en Croatie.
Quelle île choisir selon votre voyage
Le bon choix dépend du type de séjour recherché plus que d’un palmarès figé. Quelques repères selon les profils de voyageurs :
- Premier séjour, accès facile : Brač ou Hvar, proches de Split et dotées des plages les plus réputées.
- Nuits animées : Hvar, pour ses clubs, ses plages-bars et son ambiance mondaine.
- Nature et calme absolu : Mljet, son parc national, ses lacs salés et ses forêts.
- Authenticité préservée : Vis, isolée, peu construite, avec la grotte bleue de Biševo.
- Patrimoine et vins : Korčula, sa vieille ville fortifiée, son Pošip et son Grk.
- Arrivée en voiture : Krk et Rab dans le Kvarner, Krk étant reliée par un pont routier.
L’island hopping reste la formule idéale pour qui dispose d’une semaine ou plus. Une boucle classique en Dalmatie centrale enchaîne Split, Brač, Hvar et Vis, toutes reliées par catamaran. Plus au sud, Korčula et Mljet se combinent avant de rejoindre Dubrovnik. Cette logique d’enchaînement s’intègre bien dans un road trip croate mêlant continent et îles.
Pour organiser un séjour insulaire sans fausse note, l’hébergement compte autant que l’itinéraire. La location d’un appartement de vacances sur place, avec cuisine et terrasse, reste le mode de logement dominant sur les îles croates, souvent plus avantageux qu’un hôtel.
Prochaine étape : choisir une ou deux îles d’une même région, vérifier les horaires de catamarans de la saison, puis réserver l’hébergement dès le printemps. Les logements sur Hvar et Brač se remplissent dès mars pour l’été.
